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Chasuble
Liturgie
Reliquaire
Histoire du crucifix





Chasuble

Les vêtements liturgiques ont une longue histoire qui rejoint celle des vêtements civils de la première ère chrétienne. La forme a évolué, des couleurs liturgiques se sont précisées et imposées avec le temps.

Vous êtes sur le point de découvrir l'histoire de la chasuble, vêtement liturgique important dans les célébrations religieuses.

Ce mot vient du latin casula, manteau à capuchon. Vêtement sacerdotal à deux pans que le prêtre porte par-dessus l’aube et l’étole pour célébrer la messe.

 

L’origine de la chasuble est l’ample vêtement antique porté jusqu’à la fin du Ve siècle par les citadins romains. L’ensemble des clercs en recouvre leur aube. Au cours des siècles suivants, ce vêtement devient celui du célébrant. Petit à petit, sa forme se transforme : originairement ronde, elle devient ovale et se raccourcit de plus en plus à la fin du XVIe siècle, afin de faciliter le mouvement des bras, pour n’être bien souvent, à la fin du XVIIe siècle, que deux pans d’étoffe, chargés d’orfrois ornementaux, tombant à l’avant et à l’arrière du corps.[1]

 

Vers la fin du IVe siècle, la chasuble se détache de la «cappa» pour suivre une évolution qui lui est propre. Elle ne fut pas fendue et garda une seule ouverture pour permettre le passage de la tête. Appelée casula en Gaule, les romains la dénommèrent planeta, nom qu’elle a gardé à ce jour en Italie et dans les règlements liturgiques. Dom Guéranger au XIXe siècle fit revivre la grande chasuble romaine qui avait subi de graves déformations surtout au XVIIe siècle.[2]

 

A force de l'enrichir de parements, de broderies, de fils précieux (or, argent), le tissu s'est épaissi, la pliure est devenue impossible et le vêtement incommode : il fallait deux assistants à chacun des prélats lors du sacre royal à Reims pour soutenir les pans des vêtements.

On a donc échancré les côtés, aboutissant à Rome aux XVIIIe et XVIIIe siècles à une forme s'éloignant nettement de l'antique planeta, la chasuble romaine, parfois appelée « baroque », souvent très épaisse et ornée. Ce type de chasuble est encore couramment utilisé de nos jours en Italie. La forme variait légèrement selon les pays. En France, on pouvait en voir dans les églises majeures pour les grandes cérémonies, les petites paroisses, souvent pauvres, adoptant une forme plus réduite encore, comme celle que l'on peut voir sur les représentations du Curé d'Ars. Appelée familièrement « boite à violon » ou chasuble « violon » en raison de la forme de sa partie antérieure, très étroite au niveau de la poitrine, qui n'était suspendue que par deux petites bandes de tissu, sa partie postérieure ne dépassait guère la largeur des épaules. En Espagne, la partie postérieure de la chasuble, comme sa face antérieure, se rétrécissait légèrement au dessous des épaules pour s'évaser et s'arrondir en son bas.
Le diocèse de Moulins
 qui fut parmi les premiers diocèses français a adopter le rite romain au cours du XIXe siècle, avait choisi, avec une autorisation spéciale du Saint-Siège, une forme inspirée d'anciennes chasubles romaines qui existaient avant la chasuble « baroque », telle qu'on peut en voir sur les illustrations du liturgiste Batholomée Gavantus au XVIe siècle. Retrouvant une forme ovale, souvent ornée d'une croix latine dans le dos et d'une simple bande à l'avant, elle était un peu moins ample que celle qui lui succédera en France quelques décennies plus tard.

 

Ce retour à une forme plus ancienne marque les prémices d'un renouveau liturgique qui, au début du XXe siècle, va aboutir à l'utilisation de tissu souple et de formes inspirées des illustrations médiévales, donnant naissance à la chasuble dite « gothique. » C'est elle qui était majoritairement utilisée en France avant la réforme liturgique de Vatican II, parfois en concurrence avec les chasubles romaines des grandes fêtes ou des funérailles.

Depuis la réforme liturgique, en France, les chasubles romaines ont disparu et les chasubles gothiques ne sont plus utilisées que rarement, exception faite dans les deux cas de la célébration de la forme extraordinaire du rite romain. Le tissu utilisé actuellement pour la confection des chasubles est devenu très souple, souvent sans doublure, les ornements légers, et la forme s'est rapprochée (à plat) de l'ovale, sans couture sur les manches, comme les chasubles romanes.[3]

 

ORNEMENTATION

Ornée d’orfrois: passementeries, franges et broderies d'or employées pour border les vêtements.

 

FORMES

Florentine, romaine, française, espagnole, brésilienne, néogothique 

 

SYMBOLIQUE

La chasuble symbolise la charité, l'amour du Seigneur, qui doit envelopper le prêtre[4]

COULEURS

La couleur du vêtement liturgique varie en fonction du temps liturgique : rouge, blanc, vert, violet, parfois aussi rose, noir, gris cendré, ou encore de drap d'or (qui peut remplacer le blanc, le rouge et le vert), ou d'argent (qui se substitue au violet et au noir).

 

Du IIIe au XVIe siècle

La couleur fondamentale des vêtements liturgiques fut originellement le blanc, couleur des vêtements du Christ transfiguré et ressuscité, dont le symbolisme s'enracine dans les textes bibliques de l'Ancien et du Nouveau Testament.

Au début du IVe siècle, époque où l'Église sort des grandes persécutions et acquiert la reconnaissance publique et politique, le rouge — plus exactement le pourpre — couleur impériale, fait son apparition dans l'habillement du pape, par imitation des pompes impériales, et dans celui des dignitaires ecclésiastiques, sous forme de bandes pourpres, à l'instar du vêtement des notables laïcs. Mais à cette époque, la différenciation entre vêtement civil et vêtement liturgique était encore peu tranchée. Grégoire de Tours décrit une cérémonie où « les prêtres et les diacres revêtus de blanc étaient en grand nombre. » Fortunat, au milieu du VIe siècle, représente saint Germain, évêque de Paris et tout son clergé, revêtu de blanc. Isidore de Séville dit que la chasuble, comme la dalmatique, étaient blanches, ornées de laticlaves de pourpre, c’est-à-dire de bandes de couleur rouge.

Jusqu'au IIIe siècle, les Églises d'Orient et d'Occident n'utilisent que le rouge et le blanc. On a le témoignage de Siméon, évêque de Thessalonique et de Démétrius, évêque de Bulgarie, contemporain du pape Innocent III (vers 1200). Le blanc marque alors la pureté de l'Agneau sans tache, et le rouge son sacrifice. Le blanc sert aux solennités et aux jours ordinaires. Le rouge, couleur de pourpre, est utilisé aux jours de jeûne et aux offices des morts. On voit cependant au Ve siècle Acatius, patriarche de Constantinople, se vêtir de noir en signe de deuil pour marquer son affliction à la promulgation de l'édit de l'empereur Basilicus contre le concile de Calcédoine.

Dans l'Église latine, dans la seconde moitié du XIe siècle, Yves de Chartres mentionne, en plus du blanc et du rouge, la couleur bleu céleste, dont se servent les évêques qui, ainsi, pensent au ciel. Pour l'Église de Rome, c'est sous le pontificat d'Innocent III (1160-1216) que des couleurs liturgiques sont attribuées à des jours fixes selon une signification correspondante; il se contente en réalité de commenter les usages de son temps. Les couleurs sont alors au nombre de quatre : blanc pour les jours de fête; rouge pour la Pentecôte et les fêtes des martyrs; noir pour les jours de pénitence et les messes des morts; vert pour les jours ordinaires. On constate l'absence du violet, pourtant déjà attesté pour le dimanche de Laetare et la fête des saints Innocents.

Durand de Mende atteste une grande diversité dans l'usage des couleurs liturgiques à la fin du XIIIe siècle. Lui aussi désigne quatre couleurs dominantes (blanc, rouge, noir, vert) auxquelles il ajoute le violet et le jaune, propres à Rome. Mais il s'agit là de couleurs dominantes auxquelles il précise que se rapportent d'autres teintes associées : au rouge l'écarlate, au noir le violet, au blanc le lin fin, au vert le jaune ou safran. En outre, il distingue entre violet et violet pâle propre vigiles jeûnées.

 

Du concile de Trente à Vatican II [5]

Sur ce point comme sur tant d'autres, les codifications liturgiques qui ont suivi le Concile de Trente marquent une volonté d'uniformisation sans précédent des couleurs liturgiques. Cinq couleurs liturgiques sont désormais prescrites, chacune ayant sa signification propre, liée au temps liturgique ou à la fête célébrée :

le blanc, couleur de fête et de réjouissance, pour les cycles de pascal, de Noël et les autres fêtes du Christ, de la Vierge Marie et des saints qui ne sont pas martyrs, ainsi que pour certaines solennités (Toussaint, etc.).

le rouge est la couleur de la passion du Christ, des fêtes de l'Esprit-Saint (Pentecôte, etc.); c'est aussi le rouge que l'on porte pour honorer la mémoire des Apôtres (sauf saint Jean Évangéliste) et des martyrs;

le vert, quant à lui, est la couleur du temps ordinaire ; il est porté pendant le temps après l'Épiphanie et le temps après la Pentecôte;

le violet est consacré au temps de préparation et de pénitence comme le Carême et l'Avent;

le noir est utilisé pour les offices des défunts et le Vendredi Saint.

 

CHASUBLES PATRIMONIALES

 

Ornements de la cathédrale de Saint-Hyacinthe


En raison des solennités qu’on y célèbre, les cathédrales sont pourvues d’un vestiaire fort élaboré comportant des ornements de qualité faits de velours, de damas, de soie et de satin, relevés de dentelles, de broderies et de fils d’or ou d’argent et garnis d’éléments de passementerie tout aussi somptueux. Au fil des années, la cathédrale de Saint-Hyacinthe acquit un bon nombre de vêtements liturgiques et autres textiles servant à la décoration  des autels ou utilisés lors des processions et fêtes religieuses. Les commandes furent faites en fonction des besoins du culte et des désirs des évêques. Le vestiaire de la cathédrale fut considérablement renouvelé, de sorte que de nos jours, il ne reste que peu d’exemples de textiles anciens pour témoigner de la richesse et du décorum ainsi que l’exigeait la liturgie avant les réformes du Concile Vatican II. La dégradation de certaines pièces, la mode, les goûts de l’épiscopat et de son clergé de même que les changements apportés à la liturgie furent en partie responsables de la disparition de plusieurs ornements sacerdotaux et autres textiles religieux de la cathédrale. Dans le trésor actuel, le vestiaire est constitué de deux catégories de vêtements. Tout d’abord, les accessoires portés par l’épiscopat qui, comme dicté par le cérémonial des évêques, doivent montrer une marque de déférence à ces derniers, tout en leur conférant leur distinction par rapport aux autres membres du clergé. Ensuite, les ornements sacerdotaux dont les prêtres étaient revêtus lors des diverses célébrations.

 
     
 

 



Le magnifique ensemble de vêtements de soie de couleur blanche réalisé par la maison René Lorrain de Lyon est un bel exemple de la somptuosité du vestiaire de la cathédrale. Outre sa confection soignée et la qualité de ses broderies, son jeu d’ornements de démarque par le nombre d’éléments qui le composent. Il comprend cinq pluvials ou chapes, trois chasubles, quatre dalmatiques, une écharpe ou voile huméral, un grémial (pièce d’étoffe généralement portée par l’évêque et que l’on place sur ses genoux lors des messes pontificales et autres célébrations particulières, trois voiles de calice, trois bourses, sept étoles et autant de manipules. Par les couleurs et le nombre de pièces qui les composaient, ces vêtements sacerdotaux pouvaient servir dans plusieurs solennités, telles les célébrations eucharistiques de type pontifical avec diacres ou sous-diacres et les messes basses dites en commun aux autels latéraux. Ils pouvaient également servir lors de processions, de la bénédiction du Saint-Sacrement, ainsi que des ordinations et autres grandes cérémonies. Il est rare de trouver un ensemble aussi complet dans les cathédrales du Québec. Toutefois, aucun document dans les archives du diocèse ne permet de dater avec précision le moment où cet ensemble de vêtements fut acquis, ni d’expliquer les raisons qui motivèrent son achat. En dépit du fait que le genre et la coupe des vêtements et de leur ornementation de style ancien ont pu être reproduits durant plusieurs décennies, les fibres employées dans sa confection nous amènent à croire que cet ensemble fut confectionné entre 1900 et 1950.[6]






Ornement du Séminaire de Saint-Hyacinthe,
dit «des Ursulines»


Cette chasuble fait partie d’un ensemble comprenant aussi une étole, un voile et une bourse. Il a été découvert dans les tiroirs de la sacristie du Séminaire de Saint-Hyacinthe il y a quelques années. Ses broderies raffinées illustrant une flore luxuriante est caractéristique des travaux d’aiguille des Ursulines de Québec. C’est l’abbé Thomas McGuire, un ancien directeur du Séminaire et, à la fin de sa vie, aumônier chez les Ursulines de Québec, qui aurait offert cet ensemble au Séminaire. Il est permis d’arriver à cette conclusion grâce à certains indices et aux recherches de sœur Marie Marchand, archiviste de la communauté de Québec, qui démontrent que les Sœurs reçoivent un montant de dix livres pour la confection d’un ornement en août 1853 et que le 8 septembre de la même année, le Séminaire de Saint-Hyacinthe inaugure de nouveaux locaux. Malgré le bon état général de l’ensemble, la chasuble a dû subir quelques altérations notamment au niveau de son canevas fait de soie blanche tout comme les accessoires. Certains rajouts floraux aux orfrois ne correspondent pas au style ni au genre iconographique utilisé par les Ursulines.[7]
       






Ornements de l’église Saint-Joseph de Granby


À la fin des années 1940, le catalogue de la maison Bertrand, Foucher, Bélanger de Montréal consacre une page entière à un ornement fait de lamé doré, avec un motif «Angélique» rehaussé de broderies de couleur, le tout confectionné à Lyon. Son prix est «sur demande». La paroisse Saint-Joseph de Granby, nouvellement fondée, se procure un tel ensemble composé d’une chasuble, d’un pluvial, de deux dalmatiques et d’accessoires pour les grandes solennités de l’Église et les mariages de «première classe». Ces vêtements n’ont rien d’artisanal puisqu’ils sont ornés d’appliques de couleur imitant la broderie et non la véritable broderie. Cela dit, les étoffes utilisées et la confection de ces ensembles sont de grande qualité.[8]

 

     
   


Mot dérivé

CHASUBLIER : Meuble de sacristie à larges et profonds tiroirs servant à ranger les chasubles.

 

Chasuble dans d’autres langues

Anglais :       kasel

Anglais :       chasuble

Espagnol :     casulla

Italien :        pianeta


[1] Dictionnaire des arts liturgiques XIX e – XX e siècle, Berthod, Bernard, Hardouin-Fugier, Élisabeth, Les éditions de l’amateur, 1996, 462 p.

[2] Glossaire de termes techniques à l’usage des lecteurs de «la nuit des temps», Dom Melchior de Vogüé, o.b.s., Dom Jean Neuville, o.b.s., Zodiaque, 1965, 473 p.

[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Chasuble

[4] La sainte messe, hier aujourd'hui et demain, Dom Jean Denis chalufour osb, Petrus et Stella, 2000. p21

[5] http://fr.wikipedia.org/wiki/Couleur_liturgique#cite_note-0

[6] La cathédrale de Saint-Hyacinthe – Un lieu de patrimoine à découvrir, Racine Paul, Paroisse Cathédrale de Saint-Hyacinthe, 2002, 28 p.

[7] 150 ans de vie ecclésiale – Le diocèse de Saint-Hyacinthe 1852-2002, Racine Paul, Sous la direction de Monseigneur Jean-Marc Robillard, c.s.s., Valiquette éditeur, Volet III p. XLIII, 486 p.

[8] 150 ans de vie ecclésiale – Le diocèse de Saint-Hyacinthe 1852-2002, Racine Paul, Sous la direction de Monseigneur Jean-Marc Robillard, c.s.s., Valiquette éditeur, Volet III p. XLIV, 486 p.












Liturgie



La liturgie est l’ensemble des rites et des cérémonies lors des célébrations religieuses rendues à Dieu, Père, Fils et Esprit par le peuple.

C’est un ensemble d’actes, de symboles et de paroles qui aide les croyants à rendre un culte à Dieu.

Tous les rites catholiques suivent les mêmes principes :

1.      la prière liturgique est officielle, publique et soumise à des normes.

2.      Ni le célébrant ni les assistants ne peuvent faire ce qu’ils veulent.

3.      La liturgie catholique est une prière commune définie par l’autorité comme étant LA prière de l’Église.

La célébration des sacrements et la Liturgie des Heures (aussi appelé Office divin) font partie de la liturgie.



L’année liturgique


L’année liturgique débute par 'Avent, période de préparation de quatre semaines à la Nativité qui se termine à la fête du Christ-Roi.

Pâques, fête de la résurrection du Christ est le point culminant de la liturgie catholique. Cette fête est précédée du temps du Carême qui se termine par la Semaine Sainte.

La période de cinquante jours qui suivent est appelée «temps pascal» et se termine à la Pentecôte.

Un évangile est associé à chaque jour de l’année.

Comme une année ne suffit pas, la lecture de l’ensemble des textes liturgiques du dimanche s’étale sur trois ans : années A, B, C; pour les jours des messes de la semaine, deux jeux de textes sont prévus distinguant les années «paires» et les années «impaires». Mathieu les années A, Marc les années B et Luc les années C.

Le lectionnaire est le livre qui regroupe ces lectures dans l’ordre chronologique.


 

LES CINQ BRANCHES DE LA LITURGIE CATHOLIQUE

 

LES SACREMENTS

Les sacrements sont des signes de l’action de Dieu dans la vie d’un croyant et de l’Église. Il y en a sept.

  1. Le baptême fait de la personne un chrétien.
  2. La confirmation, onction par l’évêque, confirme que le baptisé assume son baptême.
  3. L’eucharistie (communion) est le plus important sacrement de l’Église et consiste à manger le corps et le sang du Christ sous la forme du pain et du vin.
  4. Le sacrement de pénitence permet aux pénitents de recevoir «l’absolution», la rémission des péchés.
  5. L’extrême-onction est le sacrement des malades.
  6. Le mariage est l’union indissoluble d’un homme et d’une femme.
  7. L’ordination des évêques, des prêtres et des diacres est le sacrement de l’ordre.

Le baptême, la confirmation et l’eucharistie sont les sacrements de «l’initiation chrétienne».Les deux premiers ne peuvent être conférés qu’une seule fois à une personne.

La pénitence et l’extrême-onction, «sacrements de guérison», sont conférés aussi souvent que nécessaire.

Les deux derniers, le mariage et l’ordination sont des «sacrements du service de la communion».

La confirmation et l’ordination ne peuvent être conférés que par les évêques.

 

LA MESSE

La Sainte Messe est essentiellement et absolument le même sacrifice du Christ que celui qui fut offert au Calvaire, mais de manière non sanglante.

Le missel est un livre liturgique contenant toutes les informations (chants, lectures, prières et même gestuelle) pour mener une messe. Il en existe deux modèles : le missel d'autel destiné à l'usage du célébrant, et le missel paroissien, destiné au fidèle.

 

LES CÉLÉBRATIONS LITURGIQUES AUTRES QUE LES MESSES

·        Assemblées et veillées de prières : Noël et veillée pascale

·        Chemin de croix : rappelle les souffrances du Christ

·        Messe des présanctifiés : office du Vendredi Saint après-midi qui n’est pas une messe

·        Rogations : prières collectives pour les récoltes

·        Jubilé

 

L’OFFICE DIVIN

L’Office divin ou Liturgie des Heures est une louange rendue à Dieu par la prière commune de l’Église catholique.

·        Matine ou Vigile ou Lectures pendant la nuit

·        Prime

·        Laudes, l’office du matin

·        Tierce

·        Sexte, l’office du milieu du jour

·        None

·        Vêpres, l’office du soir

·        Complies

·        L’office des lectures

Le bréviaire est le livre utilisé pour célébrer l’Office

 

LES DÉVOTIONS CATHOLIQUES

Elles sont issues des pratiques spirituelles développées par des particuliers mais approuvées par l’Église catholique.


Source










Reliquaire


Un reliquaire est au départ une sorte de coffret destiné à abriter une ou plusieurs reliques. Les reliquaires sont d'une grande variété de forme et d'usage.

La forme la plus ancienne du reliquaire chrétien est la châsse (du latin capsa, « boîte », « coffre »), qui rappelle le cercueil primitif et contient le corps entier du saint.

Le terme reliquaire s'applique théoriquement à tout récipient contenant des reliques, y compris les châsses, mais en pratique on le réserve à des coffrets et boîtes de plus petite taille qui ne contiennent pas le corps entier d'un saint.

Reliquaire-ostensoir, SPRS

  

On a parfois usé du terme grec de lipsanothèque (littéralement « armoire à reliques »), pour qualifier des meubles ou des reliquaires destinés à recevoir plusieurs reliques.

Certains reliquaires portatifs destinés à l'exposition des reliques se sont appelés monstrances.

Monstrance, SPRS

 

D'autres, épousant la forme de l'objet qu'ils contiennent, sont qualifiés de topiques (ainsi les bustes-reliquaires et chefs-reliquaires qui contiennent généralement tout ou partie du crâne d'un saint, les bras-reliquaires, etc.).

On appelle staurothèque, au moins en milieu byzantin, un reliquaire contenant un fragment de la Vraie croix.

Crucifix-reliquaire, SPRS
  

Il existe enfin d'autres modes de conservation des reliques tels que leur insertion dans des regalia (sceptres, couronnes, mains de justice, etc.), ou leur usage comme talismans (dans des amulettes ou dans le fourreau des épées), mais on sort ici du cadre des reliquaires proprement dits.

Il s'agit donc de boîtes de taille et de forme variable, destinées à recueillir des objets précieux et vénérés. La plupart des reliquaires sont en métal, souvent argenté ou doré. Ils peuvent être enrichis soit d'émaux, soit de pierre précieuses ou semi-précieuses. Une vitre peut laisser entrevoir la relique dans son coffre. Plusieurs formes géométriques sont possibles: quadrangulaire, cubique, octogonale, cylindrique ou autre. Parmi les reliquaires topiques, les chefs-reliquaires prennent la forme soit d'une tête ou d'un buste. Les bras-reliquaires, les pieds-reliquaires et les jambes-reliquaires revêtent la forme générale des membres qu'ils contiennent.

Les reliquaires sont donc destinés à conserver les restes matériels de saints personnages ou d'autres objets qui ont été sanctifiés par leur contact. Ils servent à les préserver de la corruption et des souillures. C'est pourquoi on utilisa de moins en moins le bois, et de plus en plus le métal, au moins pour les reliques les plus précieuses. Ils servent à en garantir l'authenticité et l'intégrité. C'est pourquoi ils sont le plus souvent scellés et parfois munis de chartes rédigées et signées par un évêque. Ils servent à exposer les reliques à la piété des fidèles, soit dans l'église même, soit lors de processions.
Statue-reliquaire, SPRS

Les reliquaires portatifs étaient parfois utilisés pour être montrés aux fidèles lors de tournées destinées à collecter des fonds.

Un autre fonction du reliquaire, ou plutôt des ornements précieux du reliquaires, était de manifester la gloire et le prestige du saint dont il contenait les restes, et au-delà du saint lui-même, la gloire et le prestige de la communauté qu'il protégeait. En même temps c'était une sorte de placement, car, en cas de crise, le reliquaire pouvait être fondu. En temps qu'objets précieux, les reliquaires étaient conservés dans le Trésor des églises avec les autres pièces d'argenterie, comme les calices.

La splendeur du reliquaire avait aussi pour fonction de commémorer la générosité du ou des donateurs qui en avaient financé la fabrication ou l'enrichissement. Le souvenir du donateur pouvait en effet être porté sur le reliquaire soit par la représentation de son blason, ou encore celle de son saint patron, ou encore par une inscription.












Histoire du crucifix

La croix et le Christ qui composent le crucifix n’ont pas été réunis dès le début. La croix a longtemps existé nue avant qu’on ait l’idée d’y attacher le divin supplicié.

L’histoire du crucifix remonte au Ve siècle.[1]

Celle de l’Ecce homo commence à la Renaissance.

La croix est rahange parce que le christianisme, vainqueur, a conquis le trône des Césars.

L’invention de la vraie croix par l’impératrice sainte Hélène et la croyance de l’apparition d’une croix lumineuse à l’empereur Constantin dans les Alpes françaises introduisent définitivement ce signe sacré dans l’art chrétien.

Les fidèles

  • l’étalent sur leur poitrine : croix pectorale
  • En ornent les façades de leurs maisons, le seuil de leurs portes, les sarcophages de leurs défunts.
  • Le prince régnant en fait mettre sur les monnaies impériales, sur les diptyques consulaires, sur les étendards, sur le sceptre, sur le diadème.                     
  • Les mosaïques des basiliques s’en emparent pour la décoration.
  • La font porter par l’Agneau Divin, par le Bon Pasteur.

 

Une signification nouvelle, celle du triomphe du Christ affiche une double victoire sur le paganisme et sur Satan.

 

Au Ve siècle apparaît  l’idée de souffrance et d’humiliation représentée par la crucifixion. Cette représentation du Christ apparaît en Orient d’abord. La Syrie où la croix d’autel pédiculée est déjà en usage risque d’être même son lieu de naissance. Pendant deux cents ans, le crucifix n’existe qu’à l’état d’exception et c’est le symbolisme triomphal qui règne.

 

Au VIIIe siècle, l’emploi du crucifix se généralise suite à une décision ecclésiastique. Le concile de quinisexte[2] tenu à Constantinople en 692 recommande aux peintres de représenter Jésus mourant sous forme directe et d’abandonner les antiques symboles tels que l’agneau. Peintres, sculpteurs, ivoiriens, orfèvres, miniaturistes, brodeurs reproduisent à l’envie le sujet de la crucifixion qui se trouve dès lors dans tous les monuments religieux.

 

Jusqu’au XIe siècle, l’iconographie hésite entre deux traditions : le Christ nu et l’autre vêtu. C’est la première mitigée qui prévaut.

 

Caractère triomphal

Le Christ, les yeux ouverts et la tête haute se détache droit sur la croix : ses bras forment une ligne horizontale qui ne trahit aucune douleur et ses pieds reposent, juxtaposés sans effort, sur une escabelle. La croix est presque toujours précieusement décorée et parfois verdoyante en souvenir de l’arbre de vie du Paradis dont le bois servit à faire la vraie Croix. Souvent une couronne de feuillage tressé, la couronne des victorieux, suspendue au-dessus de sa tête, vient encore augmenter cette impression de triomphe. C’est le diadème et la tiare qui viennent dire sa royauté et son souverain pontificat.

 

Le crucifix tel que nous le connaissons aujourd’hui, tout empreint de souffrance et d’ignominie, n’est pas encore né. C’est un roi, un prêtre, une victime volontaire qui s’offre elle-même en sacrifice. La croix est un trône ou un autel et sa mort n’est pas une défaite mais une victoire.

 

Au XIIIe siècle, l’idée de mort a germé dans le cerveau des artistes. C’est la mort d’un Dieu supplicié qu’ils vont traduire : le Christ incline la tête à droite, il va mourir, ses bras plient, ses genoux fléchissent et son corps s’affaisse. La couronne d’épines a remplacé le diadème royal, un simple voile est noué autour des reins et les clous sont réduits à trois, un seul traversant les pieds superposés.

 

Jusque là, on avait représenté le Christ vivant. Au XIIIe siècle, il vit encore mais il se meurt. La caractéristique du XIVe siècle sera de le représenter sans vie. Les Christs en croix morts sont particuliers à cette époque à laquelle nous devons le symbole du pélican qui se déchire lui-même pour donner une pâture à ses petits affamés.

 

Sous le prétexte d’émouvoir la pitié par la traduction des souffrances, ils vont jusqu’aux contorsions les plus horribles.

 

Le XVIe siècle voit se fixer la forme définitive. Ardents à la poursuite de la forme harmonieuse et sereine, les renaissants, sous l’influence de l’art antique, imaginent un tel compromis. Ils concentrent la souffrance dans la tête qui, seule, demeure expressive du drame, mais avec beaucoup moins d’intensité que leurs prédécesseurs immédiats.

Au XVIIe siècle, les formes sont moins nerveuses et plus empâtées. On voit aussi des Christs perpendiculaires dont les bras rapprochés touchent presque le sommet de la tête.

Passé la Renaissance, le crucifix n’intéresse plus que l’artiste.

 

Depuis, plusieurs interprétations ont été proposées et ce sujet continue de nous étonner par sa variété.



[1] Pages d’art chrétien – Études d’architecture, de peinture, de sculpture et d’iconographie,  Fabre Abel, Maison de la  Bonne Presse, 1927, 634 p.

[2] Synode de 75 évêques orientaux réunis pour régler les affaires laissées en suspens par les conciles œcuméniques. Ce synode, connu sous le nom de Quinisexte doit s'occuper de questions d'une importance insignifiante : obligation pour les ermites de se couper les cheveux, pénitence de six ans infligée aux diseurs de bonne aventure, interdiction faite aux femmes de danser, interdiction de porter les cheveux bouclés.










Croix pectorale, Séminaire de St-Hyacinthe





Crucifix, Séminaire de St-Hyacinthe















Crucifix, Séminaire de St-Hyacinthe












Crucifix, paroisse Saint-Robert




Crucifix, chapelle, Séminaire de St-Hyacinthe







Crucifix, Séminaire de St-Hyacinthe












 

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